https://danielbritton.info/dyslexia/

Lire ce court texte vous donne mal à la tête ? C’est normal, vous faites partie des 90% des gens sur la planète (tout comme Anne) pour qui l’ordre des lettres dans un mot n’a pas d’importance. Notre cerveau a mémorisé ce mot et sa signification pour qu’en ne lisant que la première et les dernières lettres, on puisse instantanément le reconstruire et le comprendre.

C’est ainsi que notre cerveau lit une phrase : comme on lirait un texte en diagonale pour en saisir le sens global. C’est rapide et efficace (vive la vie) !

Cependant, que faisons-nous des 10% restant ? On leur colle l’étiquette de « dyslexique » et on invente toute une panoplie d’aides et de méthodes pour leur simplifier la tâche, pardi (et re-vive la vie) !

« Dyslexique »: un mot bien compliqué pour une personne diagnostiquée comme telle. Et pas loin d’un Suisse sur dix le serait. Mais sait-on réellement ce qui se cache derrière ce mot barbare qui sonne comme une maladie incurable ?

Selon l’Association Dyslexie Suisse Romande (www.adsr.ch), la dyslexie est un trouble du langage écrit, généralement détecté lorsqu’un enfant apprend à lire et à écrire. En simple, il s’agit d’un dysfonctionnement entre ce que l’œil perçoit et ce que le cerveau analyse. Ainsi, une personne dyslexique voit parfaitement chaque lettre mais ce trouble neurodéveloppemental ralentit et complexifie le traitement de l’information qu’elle en fait.

Pour donner une idée aux non-dyslexiques du sentiment de frustration qu’un dyslexique peut ressentir devant un texte, le designer Daniel Britton a inventé cette police d’écriture particulière. Celle-ci ne montre pas ce qu’un dyslexique voit, puisqu’il est tout à fait capable de déchiffrer les lettres, mais elle recrée l’expérience vécue lors de la lecture.

Ouf, rien de grave alors, docteur ? Sauf que cette complexité à déchiffrer les mots et les phrases se répercute alors sur la compréhension du texte et peut entraîner des difficultés d’apprentissage. Celles-ci peuvent à leur tour engendrer un sentiment d’échec, mettre en danger la réussite scolaire et affaiblir l’estime de soi.

Les dyslexiques sont-ils donc condamnés à ne pas faire d’études supérieures et à être malheureux ? Bien évidemment que non. D’abord, il existe autant de types de dyslexie qu’il existe de diagnostics et chaque individu sera impacté d’une manière différente et personnelle. De plus, beaucoup de personnes dyslexiques ont mis en place des stratégies de compensation qui leur permettent de surmonter leur trouble. Enfin, à l’école, les enseignants sont de plus en plus habitués à détecter les signes de dyslexie dès le plus jeune âge et des mesures simples peuvent rapidement être mises en place pour faciliter la lecture et l’écriture.

Alors peut-être bien que l’orrde n’a psa d’ipmotrnace, mais comprendre ce qu’est concrètement la dyslexie en a !